Je m’appelle Sophie. J’ai 35 ans, mariée depuis dix ans à Thomas, et notre vie était… correcte. Pas extraordinaire, juste correcte. On s’était installés dans une routine confortable, prévisible. Trop prévisible peut-être.
C’est là que Marc est entré dans l’équation. Le meilleur ami de Thomas depuis le lycée. Grand, brun, avec ce sourire en coin qui me faisait fondre à chaque fois. Il venait souvent à la maison, pour regarder le foot avec Thomas ou pour nos barbecues du dimanche.
Au début, c’était juste des regards. Des frôlements « accidentels » quand on se croisait dans le couloir. Des blagues un peu osées quand Thomas avait le dos tourné. Rien de bien méchant, me disais-je. Juste un petit jeu innocent pour pimenter un peu le quotidien.
Mais un soir, alors que Thomas était en déplacement professionnel, Marc est passé à l’improviste. « J’ai apporté une bouteille », m’a-t-il dit avec ce foutu sourire. On a commencé à boire, à parler. De tout, de rien. De nos vies, de nos rêves avortés.
Je ne sais pas si c’est l’alcool ou la solitude, mais quand il m’a embrassée, je n’ai pas résisté. C’était électrique, passionné, tout ce que je n’avais plus avec Thomas depuis des années. On a fait l’amour sur le canapé, puis dans notre lit conjugal. J’aurais dû me sentir coupable, mais à ce moment-là, je me sentais juste… vivante.
Le lendemain, la culpabilité m’a rattrapée. J’ai évité Marc pendant des semaines, inventant des excuses quand il venait à la maison. Mais c’était plus fort que moi. On a recommencé, encore et encore. Dans sa voiture, dans un hôtel miteux en périphérie de la ville, même une fois dans le bureau de Thomas pendant qu’il était en réunion.
Chaque fois, je me jurais que c’était la dernière. Chaque fois, je retombais. C’était comme une drogue. L’adrénaline du secret, la passion des étreintes volées, tout ça me faisait me sentir plus vivante que je ne l’avais été depuis des années.
Mais la culpabilité était toujours là, tapie dans l’ombre. Chaque fois que Thomas me souriait, chaque fois qu’il me disait « je t’aime », c’était comme un coup de poignard. Je devenais experte en mensonges, en excuses, en faux-semblants. Je me dégoûtais, mais je ne pouvais pas m’arrêter.
Un jour, inévitablement, tout a explosé. Thomas a trouvé des messages sur mon téléphone. La confrontation a été… brutale. Des cris, des larmes, des objets brisés. Je revois encore son visage, mélange de douleur, de colère et d’incompréhension. « Pourquoi ? », m’a-t-il demandé. Je n’avais pas de réponse.
Marc a disparu de nos vies. Thomas et moi avons essayé de recoller les morceaux, mais quelque chose s’était brisé irrémédiablement. La confiance, peut-être. Ou simplement l’illusion que notre vie était parfaite.
Aujourd’hui, je suis seule. Thomas est parti, Marc aussi. Je me retrouve face à moi-même, à mes choix, à mes erreurs. Je ne cherche pas d’excuses. J’ai fait ce que j’ai fait, en toute conscience.
Parfois, je me demande ce qui se serait passé si j’avais résisté ce soir-là. Si j’avais parlé à Thomas de mes frustrations, de mes désirs inassouvis. Peut-être aurions-nous pu sauver notre mariage. Ou peut-être était-il déjà trop tard.
Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve. Je sais juste que je dois apprendre à vivre avec mes actes, à me reconstruire. C’est un long chemin, semé d’embûches et de remords. Mais c’est mon chemin, celui que j’ai choisi. Pour le meilleur et pour le pire.
