Je m’appelle Camille, j’ai 42 ans. Mariée depuis 15 ans à Julien, deux enfants. Une vie bien rangée en apparence. Mais les apparences sont trompeuses, n’est-ce pas ?
Tout a commencé il y a deux ans. Une promotion au travail, de nouvelles responsabilités. Et un nouveau collègue, Antoine. Grand, brun, charismatique. Rien à voir avec Julien et sa routine confortable.
Au début, ce n’était que des regards furtifs, des sourires complices. Puis des pauses café qui s’éternisaient. Des SMS anodins. « Tu as fini le rapport ? », « On se voit demain en réunion ». Rien de compromettant. Juste une complicité naissante.
Mais rapidement, l’atmosphère est devenue électrique entre nous. Les frôlements « accidentels » se sont multipliés. Les sous-entendus aussi. Un soir, après une réunion qui s’était éternisée, on s’est retrouvés seuls au bureau. On a craqué. C’était passionné, intense. Tout ce que je ne vivais plus avec Julien depuis des années.
Le lendemain, la culpabilité m’a submergée. J’ai évité Antoine pendant des jours. Mais il a suffi d’un message pour que je replonge. « Tu me manques ». Trois mots qui ont tout balayé.
On a commencé à se voir en cachette. Des rendez-vous volés dans des hôtels miteux. Des mensonges à Julien. « Une réunion qui s’éternise », « Un dîner avec des collègues ». Je devenais experte dans l’art de la dissimulation.
Pourtant, je ne me reconnaissais plus. Moi qui avais toujours prôné l’honnêteté, je m’enfonçais dans une spirale de mensonges. Chaque baiser de Julien me brûlait. Chaque « je t’aime » était un coup de poignard.
Un soir, ma fille de 12 ans m’a regardée droit dans les yeux : « Maman, pourquoi tu rentres si tard ces derniers temps ? ». J’ai bafouillé une excuse. Son regard m’a transpercée. Elle savait. Comment pouvais-je lui donner des leçons de morale alors que je trahissais son père ?
J’ai essayé de mettre fin à cette relation toxique. Plusieurs fois. Mais Antoine savait trouver les mots pour me faire revenir. « On s’aime, c’est tout ce qui compte ». Vraiment ?
Un jour, inévitablement, Julien a découvert un message compromettant sur mon téléphone. Son monde s’est écroulé. Le mien aussi. Les cris, les larmes, les reproches. « Comment as-tu pu nous faire ça ? ». Je n’avais pas de réponse.
Antoine a disparu de ma vie aussi vite qu’il y était entré. Julien et moi avons essayé de recoller les morceaux. Pour les enfants, disions-nous. Mais quelque chose s’était brisé irrémédiablement.
Aujourd’hui, je vis seule. Julien a la garde des enfants. Je les vois un week-end sur deux. Leurs regards accusateurs me hantent. J’ai tout perdu. Pour quoi ? Quelques moments d’excitation ?
Je ne cherche pas d’excuses. J’ai fait mes choix, aussi destructeurs soient-ils. Maintenant, je dois vivre avec. Chaque jour est un combat contre la culpabilité, les regrets.
Si je pouvais remonter le temps… Mais c’est impossible. Il ne me reste qu’à avancer, jour après jour, en espérant qu’un jour, peut-être, je pourrai me pardonner. Et que mes enfants le pourront aussi.
L’infidélité n’est pas qu’une trahison envers l’autre. C’est aussi une trahison envers soi-même. Une leçon que j’ai apprise à mes dépens.
